Back from… #DAtic : « moteurs de recherche ≠ banques d’images »

#DAtic, une rencontre sur le thème : « les moteurs de recherche ne sont pas des banques d’images »…

avec une petite réflexion personnelle sur le cas des images utilisées pour illustrer des blogs personnels
(pour moi, blog personnel = tenu par une personne physique, pas une personne morale)

Ce vendredi 16 mai 2014, de 18h30 à environ 22h, j’ai participé à la table-ronde co-organisée par le Club de la Presse de Bourgogne et Comunitic dans les locaux de la CCI de Côte d’Or, et arrosée
ensuite de vins proposés par le BIVB.

L’événement débutait par une table-ronde/conférence avec 5 intervenants :

Jorge Alvarez-Iberlucea, vice-président de l’Union des photographes professionnels et de la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe
Sylvain Champloix, avocat à Dijon
Laurent Grandguillaume, député de Côte-d’Or
Christiane Perruchot, présidente du Club de la presse Bourgogne
Olivier Schimpf, président de Comunitic

Tournant au café et au Doliprane, mon cerveau avait du mal à enclencher le multi-tâches. J’aurais donc un peu de peine à vous faire un résumé concis de ce qu’il s’est dit au début de l’événement.
Si vous souhaitez en savoir plus, je vous suggère de faire un tour sur Twitter, avec le hashtag #DAtic, ou bien de visiter la page Facebook de l’événement via laquelle les autres participants
n’hésiteront pas à partager leurs propres compte-rendus et éléments de réflexion.

Après cette intervention, 3 petits ateliers sur le mode barcamp ont été organisés, afin d’approfondir certains sujets.
  • Le 1er concernait les moyens de trouver des informations sur les images (dont notamment le nom de l’auteur ou du titulaire des droits).
  • Le 2ème portait sur les licences Creative Commons.
  • Le 3ème  s’intéressait aux bonnes pratiques en matière d’utilisation des images.

J’ai participé au 1er atelier, en compagnie (parmi d’autres) de Me Sylvain Champloix, de Christiane Perruchot, de Jacques Blanchard et de Jean-Christophe Tardivon.
Ce dernier avait préparé quelques cas concrets, projetés à l’écran, et avait apporté son appareil photo. Pourquoi je précise qu’il avait son appareil photo? parce qu’il a pu nous montrer en direct le moyen de programmer les métadonnées (EXIF) que l’on souhaite afficher sur la totalité des photographies prises par l’appareil. Bien sûr, je parle ici d’appareils à destination professionnelle. Un petit appareil numérique ne dispose pas forcément de ces possibilités avancées de choix en amont de vos métadonnées.

Pour résumer ce que j’ai appris sur les métadonnées d’images ; il en existe deux types :
– les EXIF, automatiques mais modifiables avec un logiciel par exemple

datic1

– les IPTC, que l’on peut insérer soi-même par la suite (nom de l’auteur, mots-clefs, etc…)

datic2

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, je ne suis pas photographe 😉

Grâce à de petits plugins (J.-C. Tardivon a notamment parlé de Exif Viewer sur Firefox), il est possible de prendre facilement connaissance les EXIF et les IPTC. Attention, les logiciels de retouche d’images conservent rarement les métadonnées, d’autant moins si vous renommez le fichier après modification.
En tous les cas, ces métadonnées vous permettent de consulter des informations qui auront peut-être été intégrées volontairement par l’auteur de l’image, dont son nom, la date et le lieu de la prise de vue, etc.

Les métadonnées ne vous permettent malheureusement pas toujours de retrouver le nom de l’auteur d’une image.

Il vous reste une possibilité pour cela : utiliser des moteurs de recherche inversés. J’en ai déjà parlé dans mon petit dossier Identité Numérique, citant notamment Google Images et Tineye (évoqué par Jorge Alvarez pendant la table ronde). Petit bémol sur ces outils en ligne : ils ne permettent pas de retrouver l’auteur. Ils permettent d’afficher soit les images similaires à celle dont vous disposez (donc pas votre image source!), soit de retrouver les sites web ou blogs qui ont utilisé cette image. Parmi ces sites, il peut y en avoir un qui a renseigné le nom de l’auteur. Parfois ce n’est pas le cas. Pour plus d’informations je vous renvoie vers NetRecherche.

Ma vision de ce que l’on peut faire pour un blog personnel.

Il s’agit de mon avis, je n’ai pas la science infuse, vous êtes donc invités à me faire part du vôtre en commentaires, j’en serais ravie :

A) Sans télécharger l’image sur votre blog :
1- utiliser des tweets et statuts facebook intégrés.
Exemple de statut intégré Facebook, réalisé par Florence Rigneau (Coach visuel – Formatrice – ‎INSPIRAL)

 

2- procéder de la même manière pour intégrer vos images à partir du site web source (c’est à dire celui du titulaire des droits) quand c’est possible. La banque d’images Getty propose justement ce système d’intégration des images (à la manière de Youtube), vous récupérez un code, l’image s’affiche sur votre blog mais elle est toujours hébergée sur le site source. Attention, cela ne vous exonère pas : de lire les conditions d’utilisation, de vérifier si l’image choisie est bien libre de droit et évidemment d’ajouter les crédits (précision entendue lors de l’événement, un crédit « idéal » devrait préciser le nom de l’auteur, ainsi que du commanditaire… même si cette dernière partie n’est apparemment pas obligatoire).
La contre-partie : à l’instar de Getty, la banque d’images se réserve le droit d’afficher une publicité. Personnellement, ça ne me choque pas.
L’inconvénient : les images ne sont pas hébergées sur votre blog… donc si la banque d’images ou le propriétaire supprime son fichier, par exemple, il disparaîtra alors de votre site.

B) En téléchargeant l’image :
Là, il est plus difficile de rester dans les clous, sans demander une autorisation (écrite si possible) de l’auteur ou du titulaire des droits. Certaines banques d’images, libres de droit (gratuites ou payantes) vous laissent la possibilité d’utiliser leurs images sans demander d’autorisation mais en respectant les conditions fixées au préalable.
Il va sans dire que dans le cas d’un photographe professionnel, qui vit de ses photographies et (éventuels) services associés, il est plus que respectueux (sans entrer dans les détails légaux) de demander l’autorisation préalable! Encore une fois, il faudra bien préciser l’auteur ou le titulaire des droits dans tous les cas.

Malgré tout, je m’interroge sur cette notion de demande d’autorisation.

J’ai parfaitement conscience qu’il faut le faire, et qu’en cas de réponse négative (ou même de non-réponse), ne pas utiliser
l’image (demander ne signifie pas obtenir!)… mais le fait de bloguer, de twitter,… bref de partager de l’information en temps réel, rend bien difficile le fait de demander des autorisations à
chaque auteur…
Pour exemple : j’ai une fois souhaité reprendre un paragraphe d’une dizaine de lignes tiré d’une revue professionnelle online. Nous n’étions pas ici dans l’exception de courte citation. J’ai donc
décidé de demander l’autorisation de l’auteure. Son nom était indiqué, mais pas son email. J’ai donc écrit à la Rédaction. Aucune réponse. Je me suis lancée à la recherche des coordonnées de l’auteure, sans succès. Le seul moyen de contact que j’ai trouvé est le profil Viadeo de cette personne. Je l’ai donc contactée par ce biais. Mais elle ne devait pas souvent consulter ses messages car elle m’a répondu, positivement certes, mais TROIS MOIS plus tard.

Dans le cas du blogging perso, c’est un peu dur à avaler…

Je m’interrogeais donc sur l’idée suivante (et là, j’ai bien conscience que si l’on parle uniquement du point de vue juridique, ce n’est pas possible) :

Est-ce que si j’utilise un contenu sur mon blog, en citant l’auteur et en ajoutant un lien vers la ressource (image, photo, article, vidéo…), « on » peut considérer que je fais une sorte de « publicité » à l’auteur, puisque j’envoie mes lecteurs vers son site web ? Les débats sont ouverts!

Pour en revenir sur le sujet initial « les moteurs de recherche ne sont pas des banques d’images ». Le problème de moteurs comme Google est qu’ils peuvent conserver une image dans les résultats de recherche, même si vous l’avez supprimée sur votre site. J’en ai fait l’expérience avec une ancienne photo de profil, qui ne me plaisait plus et que j’avais supprimée de la totalité des supports web dans lesquels je l’avais utilisée. Google affichait toujours cette photographie quand on cherchait mon nom.
Sachez-le : il existe un moyen de demander à Google de retirer de ses résultats de recherche votre image.

Je termine ici mon roman… J’espère n’avoir pas trop écrit de bêtises, car j’ai souhaité faire un compte-rendu rapidement. S’il reste des coquilles ou des énormités, faites-moi signe 🙂

Merci!!!

12 Comments
  1. Nous avons vu dans l’atelier 3 que le fait de « faire de la publicité à l’auteur » n’est pas un argument juridique recevable… Le débat est donc semble-t-il clos dès le départ ^^

  2. Ah oui, juridiquement, totalement d’accord 🙂 Même si tous les créateurs de contenu n’ont pas la fibre « procédurière »…
    Ma question est mal posée… pour être honnête, je me demande surtout si, en parlant par ex d’un article de blog, je fais une copie d’écran d’une partie de cet article avec un lien vers le blog source, l’auteur ne serait pas enclin à se dire que je lui ai amené des lecteurs supplémentaires…?
    Juridiquement, par contre, je me doute que ça ne le fait pas…

  3. 1/ On ne se nourrit pas de notoriété. C’est un mirage que l’on vend aux jeunes et moins jeunes créateurs pour exploiter leur travail.
    2/ La notion de « libre de droit » n’existe pas en droit français (voire en droit de l’Union européenne). Cela existe dans le droit des États-Unis.
    3/ Si on n’a pas l’autorisation d’utiliser un contenu (texte, photo, bande son…), on se débrouille sans le contenu en question.
    Les blogs qui me paraissent les plus intéressants ne sont pas forcément les plus jolis composés à partir du meilleur de la planète mais ceux qui délivrent un point de vue personnel que l’on ne trouve pas ailleurs.
    Merci pour ta participation et pour ce compte-rendu dégainé à la vitesse du flash.

  4. Merci beaucoup JCT pour la précision sur la notion « libre de droit ». Du coup, je compléterai mon article avec d’autres éléments à ce sujet, un peu plus tard.

    Le dernier point que tu évoques sur les blogs est aussi très intéressant : le contenu est effectivement très important, mais au tout début, c’est souvent l’image qui interpelle la majorité des internautes qui viennent nous lire. J’étais comme toi avant, mais j’avoue que j’ai désormais du mal à lire – à l’écran – un texte long sans illustrations (et là, je ne parle pas de photo pour faire joli, mais d’illustrer ses propos : copie d’écran, infographie, éventuellement image humoristique liée au sujet si rien d’autre…).

    Dans ce cas, que penser de la méthode employée par Getty : est-elle accessible aux personnes qui vivent de leur travail de photographe ?
    Si un photographe veut par exemple mettre à disposition une petite partie de ses images en ligne, sans téléchargement et avec la possibilité d’utiliser un système de publicité… Est-ce envisageable pour eux (techniquement déjà, et éventuellement financièrement**) ?

    ** financièrement : ça ne serait sûrement pas viable, mais si ça se limite à une petite partie des photos et que ça peut éventuellement éviter le « pillage » du reste ?

    • « Celui qui pose une question risque cinq minutes d’avoir l’air bête. Celui qui ne pose pas de question restera bête toute sa vie » 😀

  5. Je rappelle que la mise à disposition des images de Getty n’est valable (si j’ai bien compris) que pour les blogs sans usage commercial. Donc, sont de facto exclus les blogs avec des espaces de publicité (dont l’hébergeur du blog notamment), etc.
    C’est sans doute très utile pour Getty. Il m’étonnerait que ce le soit pour les auteurs.
    Si on roule dans une voiture qui est laide et en panne, ce n’est pas une raison pour en voler une jolie et en bon état. On fait avec ses moyens. Si on a un blog qui est tout vilain et sans lectorat, ce n’est pas en exploitant le travail des autres que l’on en sortira grandi.

    • Je comprends tes arguments, mais j’avoue ne pas trop savoir quoi te répondre. La discussion en commentaires d’un blog n’est peut-être pas le lieu idéal pour débattre sur cela.
      Par contre, mon idée était juste de poser des questions, échanger, comprendre les différents arguments et essayer de voir ce qu’il est possible de faire en tant que blogueur sans pour autant faire du tort aux photographes et autres professionnels qui vivent de leurs « créations ».

      Faire avec ses moyens, ok… du coup, les [certains] blogueurs se tournent vers des images qu’ils peuvent utiliser (dont celles libres de droit au niveau du droit américain). Et peut-être ai-je tort (et je veux bien le reconnaître!), mais c’est dommage car ça ne fait pas avancer non plus les choses en France :
      – le grand public ne sait pas et ne cherche pas à savoir comment ça fonctionne, ce qui est autorisé ou non. Des tables-rondes comme celles-ci sont donc au top, mais peu de personnes y participent.
      – ceux qui se sont renseignés font autrement avec leurs propres moyens… mais ça n’apporte rien non plus aux photographes et autres professionnels.

      Enfin, je ne sais pas si je m’exprime clairement sur ce point, et encore une fois peut-être que je suis à côté de la plaque… mon idée n’est pas de chercher à autoriser le « vol » des images et autres créations, plutôt de discuter de ce qu’il serait possible d’imaginer pour « réduire » le tort fait aux photographes pillés, tout en n’empêchant pas non plus les blogueurs de bloguer.
      Mon idée de « l’intégration » d’un contenu au lieu du téléchargement, comme j’ai pu le faire avec Facebook et les illustrations de Florence Rigneau, qu’en penses-tu?
      >> Florence reste propriétaire de son post Facebook et peut le supprimer à tout moment. Et moi j’ai pu illustrer mon propos…

  6. * Pourquoi des guillemets à créations ? 😉
    * En l’occurrence, avant de sensibiliser le grand public, il me semble plus important de sensibiliser les diffuseurs professionnels et amateurs d’images. Chaque chose en son temps et à chacun ses moyens. Je n’ai pas les moyens de toucher le grand public. En revanche, via les associations comme Comunitic ou l’Union des Photographes Professionnels, il est possible de toucher les passionnés.
    * Que chacun se rende compte de la difficulté de produire soi-même une image contribue à valoriser le travail d’un professionnel (au moins, on comprend à quoi il sert) donc cela le qualifie dans un système économique. Utiliser gracieusement et sans autorisation un contenu disqualifie économiquement l’auteur de ce contenu.
    * Utiliser les images produites dans un univers culturel donné (les États-Unis par exemple) pour le public d’un autre univers culturel (la France) n’est peut-être pas la meilleure façon pour se faire comprendre. Les réceptions des contenus sont différentes. Ce qui fait la richesse et la variété des populations d’ailleurs.
    * Je n’ai pas fait de critique sur l’intégration d’un contenu, c’est la force des hyperliens. 🙂

    • Bonjour JCT,

      les guillemets, c’est mon TOC je crois… 🙂

      Oui je pense aussi que faire de petites piqûres de rappel aux passionnés n’est absolument pas inutile. Mais le grand public a aussi accès à Internet, et contribue aussi beaucoup à la diffusion d’images protégées sans respect des droits… on se retrouve donc avec des images diffusées partout et il devient plus difficile de retrouver l’auteur ou le titulaire des droits…
      Je suis quand même d’accord avec toi : il faut déjà être sûr que les passionnés, les blogueurs, les journalistes, les rédac chefs, etc…. respectent le travail des professionnels de l’image avant de s’attaquer au grand public 🙂
      Peut-être élargir cette 1ère liste aux enseignants et étudiants : en tout cas, je conserve l’idée de l’intégration pour les cours de blogging de l’année prochaine…

  7. Pingback: Compte-rendus de #DAtic "Moteurs de recherche ≠ Banques d'images" -

  8. Merci pour ce résumé de la conférence.

    Malheureusement, il est vrai que pour un blogueur lambda, toutes ces notions de droits d’image sont compliquées à comprendre et à respecter. Comment être sûr qu’on peut utiliser tel ou tel contenu ?

    Je ne connais pas non plus le principe d’intégration des statuts Facebook ou Twitter. Par quel outil peut-on le faire (sur WordPress, par exemple) ? Cela me semble intéressant à utiliser.

    • Bonjour Justine, Merci pour ton commentaire !

      Pour l’intégration, j’ai mis des liens vers des articles expliquant la démarche (« 1- utiliser des tweets et statuts facebook intégrés » : concernant WordPress, mais il est possible de le faire sur d’autres plateformes, il s’agit d’un code à intégrer).

      Pour l’utilisation d’images, photos, etc, en France, il faut obtenir le consentement écrit de celui qui détient les droits, puis bien ajouter les crédits à proximité de l’illustration.
      Pourtant, tout cela reste en effet un peu flou, notamment si on passe par la recherche d’images Google (malgré les quelques efforts réalisés par le moteur).
      Et parfois compliqué : comme je le dis dans mon article, bien qu’habituée aux recherches d’infos en ligne, j’ai eu de la peine à trouver un moyen de contacter l’auteure dans mon exemple.

      Si on choisit de passer par des banques d’images libres de droit (gratuites ou payantes – droit américain donc), il faut néanmoins bien lire les conditions d’utilisations : certaines n’acceptent pas la modification des images par exemple… donc pas de recadrage ou ajout de texte, etc…

      En tous les cas, pour que les photographes puissent protéger leur travail sans pour autant stopper le partage des images, le système de l’intégration me semble idéal… reste à voir si techniquement c’est accessible à tous 🙂

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